Le lundi 16 juillet, un salarié de Peugeot à Mulhouse a mis fin à ses jours par pendaison. Le même jour, une ingénieure d’Areva se
défenestrait au siége parisien du groupe. 3 jours plus tard, un salarié de Général Motors à Strasbourg attendait à sa vie en voulant se jeter par la fenêtre du bureau du DRH. Aujourd’hui c’est
avec une vive émotion que nous apprenons la mort de notre collègue de travail, Chef de magasin ED qui a été retrouvé pendu dans la réserve de son magasin.
Combien faudra-t-il de ces drames pour que les directions admettent que le travail est devenu une source
de souffrance dans de nombreuses entreprises ?
Combien faudra-t-il de salariés, excédés par la course à la rentabilité, qu’ils finissent par retourner contre
eux, la violence d’un travail déshumanisé où seuls les critères de productivité et les ratios financiers n’ont de valeurs pour l’entreprise ?
Combien faudra-t-il de familles brisées pour qu’enfin, comme le réclame des syndicats CGT, les directions daignent
avoir une action déterminée pour améliorer les conditions de travail et pour remettre en cause les modes d’organisations et de management ?
Combien faudra-t-il de veuves et d’orphelins pour que le patronat en général, celui du commerce en particulier et
singulièrement des chaînes de hard discount accepte l’idée d’un plan d’urgence pour la santé des salariés ?
Le travail a en effet besoin d’être réhabilité et l’entreprise de revenir un espace de création, de rencontre, de confrontation et d’échange
d’idées, de partage et d’émancipation, bref de solidarité. Car c’est là qu’on y passe beaucoup de temps, qu’on y développe ses connaissances, qu’on y met en œuvre ses savoirs et ses
savoir-faire.
En aucun cas le lieu de travail doit devenir un lieu de souffrances, de peines, et aujourd’hui un lieu ou des salariés se donnent la
mort.